Dépression du post-partum : en parler, c'est déja la soigner

Publié le 08.02.2024
Mise à jour 08.02.2024
Dépression du post-partum : en parler, c'est déja la soigner
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L'arrivée d'un bébé est un moment merveilleux. Toutefois, elle peut aussi être très bouleversante, et retentir sur le moral de la jeune maman, au point de provoquer une dépression, appelée dépression du post-partum. Cette maladie, bien plus fréquente qu'on ne le pense, peut heureusement facilement être guérie. Et oser évoquer son mal-être est le premier pas du traitement. 

Dépression du post-partum : COMPRENDRE

 

Des mots pour les maux

Le post-partum correspond à la période qui suit un accouchement avant de retrouver l'équilibre hormonal préexistant à la grossesse. En général, on parle du post-partum pour les 6 semaines qui suivent l'accouchement, mais on peut aussi considérer qu'il s'agit des 6 mois suivant l'accouchement, temps nécessaire pour retrouver aussi un équilibre global.

La dépression du post-partum est donc un trouble psychique qui se développe durant cette période bouleversante qu'est le post-partum. On peut aussi parler de dépression post-natale.

Elle est à différencier du baby-blues, terme anglais se traduisant par « déprime du bébé » et pouvant aussi être qualifié de « déprime de l'accouchement » qui correspond à une baisse de moral bien moins grave survenant quelques jours après l'accouchement et se résolvant spontanément.

Qu'est que la dépression du post-partum ?

La dépression du post-partum est une dépression qui survient après l'accouchement. Elle se développe environ 2 à 8 semaines après l'accouchement mais peut arriver jusque un an après. La période la plus à risque se situe entre le troisième et le sixième mois suivant l'arrivée de l'enfant. La dépression du post-partum dure en général quelques mois.

Quels sont les signes d'une dépression du post-partum ?

Les signes de la dépression du post-partum sont les mêmes que ceux d'une dépression « classique » mais ils sont liés à l'arrivée d'un nouvel enfant et aux bouleversements psychiques qui en résultent.

Cela peut ainsi se présenter sous la forme d’une humeur dépressive, d’une profonde tristesse sans raison apparente, de pleurs fréquents, de l'envie d'être beaucoup seule, d’un manque de confiance en soi ou encore de difficultés de concentration et l'impression que rien ne s'améliorera jamais.

Les symptômes sont souvent centrés sur l'enfant avec une grande anxiété en ce qui le concerne, la sensation d'être incapable de s'en occuper correctement, des difficultés pour établir un lien avec lui ou dans des cas plus sévères, des pensées où on lui fait du mal, on parle alors de phobies d'impulsion.

La dépression retentit aussi sur le quotidien se traduisant par exemple par une incapacité à réaliser les tâches du quotidien ou à prendre du plaisir dans des activités qui d'habitude en procurent. Les symptômes sont aussi parfois plus généraux avec une grande fatigue, des troubles du sommeil (dormir trop ou pas assez) et/ou un changement de l'appétit (trop ou trop peu).

Quelles sont les causes de dépression du post-partum ?

Les causes de la dépression du post-partum sont multiples et souvent intriquées. Il n'y a pas une cause unique qui explique l'arrivée d'une dépression. Elle peut s'expliquer par les changements d'hormones lié à la fin de la grossesse et l'accouchement associée à la grande fatigue liée au manque de sommeil mais aussi au bouleversement global que constitue l'arrivée d'un enfant dans une famille. Le manque de soutien dans l'entourage ou la solitude peuvent augmenter les risques de survenue d'une dépression.

Quels sont les facteurs de risque de dépression du post-partum ?

Toute jeune maman peut développer une dépression du post-partum mais certaines sont plus à risque. C'est le cas notamment en cas d'antécédents personnels ou familiaux de dépression, de la survenue d’événements extérieurs stressants au cours de la grossesse ou après l'accouchement, de revenus faibles, de violences dans le couple ou encore de grossesse non désirée.

Quelles sont les complications de la dépression du post-partum ?

Non reconnue, la dépression du post-partum peut causer des souffrances à la femme atteinte mais aussi à sa famille et notamment son conjoint et son enfant.

Chez la jeune mère, la plus grave conséquence est le suicide, deuxième cause de mort maternelle en France.

Au sein du couple, elle peut engendrer de grandes tensions et conduire au divorce.

L'enfant aussi peut en subir de lourdes conséquences, autant sur le plan psychique, que cognitif et moteur. Heureusement toutes ces conséquences peuvent être prévenues par une prise en charge adaptée.

Les pères peuvent-ils être aussi touchés par une dépression du post-partum ?

La période du post-partum est aussi bouleversante pour le jeune papa, qui peut lui aussi développer une dépression du post-partum. Le risque est d'autant plus élevé si la conjointe est elle-même atteinte par cette pathologie.

Chez les jeunes pères, les symptômes sont souvent différents par rapport à ceux des jeunes mères atteinte de dépression. Il ressentira plutôt des doutes, une perte de confiance, une absence d'envie de s'occuper de son bébé, l'envie fréquente de partir du domicile, la peur d'être jugé ou encore le sentiment de ne pas trouver sa place.

Les conjoints ont donc certes un rôle de soutien dans cette période difficile du post-partum mais ils ont eux aussi besoin d'être accompagnés pour limiter les risques de développer cette pathologie.

Dépression du post-partum : DIAGNOSTIC

Quels signes d'alerte doivent amener à demander de l'aide ?

En cas de tristesse ou de stress ressentis tous les jours depuis plus de deux semaines, il est nécessaire de consulter un professionnel de santé. Des modifications importantes de l'appétit ou du sommeil ou des grandes difficultés à gérer les tâches quotidiennes sont aussi des signes d'alerte pour demander de l'aide.

Un questionnaire rapide , disponible en ligne sur le site des 1000 premiers jours peut aussi permettre de faire le point sur un mal-être émotionnel et de savoir si une consultation est nécessaire.

Quoi qu'il en soit, il ne faut pas hésiter à demander de l'aide dès que l'on sent que quelque chose ne va pas et ne jamais rester seule avec un mal être. Enfin en cas de pensées suicidaires, il faut consulter en urgence un professionnel de santé.

A qui demander de l'aide en cas de mal-être ?

Il existe plein de personnes à qui demander de l'aide lorsque l'on ne se sent pas bien dans cette sensible période du post-partum. Il est tout d'abord possible d'en parler à son entourage afin de se sentir soutenue et de pouvoir se faire aider au quotidien.

Des professionnels de santé sont aussi là pour ça, notamment les sage-femmes, les médecins traitants, les pédiatres, les psychologues ou encore la PMI (protection maternelle et infantile).

Il est aussi possible d'appeler un numéro dédié à la prévention du suicide si des idées noires sont présentes, le 3114. Le numéro est gratuit, confidentiel et ouvert 7 jours sur 7 et 24h/24.

Comment diagnostiquer une dépression du post-partum ?

Le diagnostic est clinique, c'est à dire qu'il ne nécessite pas d'examens complémentaires. Il est posé en consultation par un médecin (généraliste ou spécialiste) après discussion avec la jeune mère sur les différentes difficultés, émotions et symptômes qu'elle ressent ainsi que leur retentissement sur la vie quotidienne.

Comment différencier le baby blues de la dépression du post-partum ?

Le baby-blues est une petite période de déprime très fréquemment ressentie par les mamans après l'accouchement. Il survient vers le 3ème jour après la naissance et peut se manifester par des sautes d'humeur, de l'irritabilité, des pleurs ou encore de l'anxiété. Il dure de quelques heures à quelques jours et se résout spontanément.

Si les symptômes durent plus de deux semaines, cela peut alors être une dépression du post-partum. Il s'agit alors d'une maladie et non d'un coup de déprime, les symptômes sont plus intenses et il est alors nécessaire de se faire aider.

Dépression du post-partum : TRAITEMENT

Quels sont les principes du traitement de la dépression du post-partum ?

La dépression du post-partum est une maladie qui se soigne, mais pas seule. Plus elle sera prise en charge tôt plus elle sera facilement traitée. Il est donc nécessaire de se faire aider dès que l'on sent que l'on va mal. En effet, même si on peut avoir l'impression de ne jamais s'en sortir, plein de solutions simples et efficaces existent.

Les dépressions légères peuvent passer simplement grâce au soutien de l'entourage et/ou de professionnels de santé entourant les jeunes parents (médecin généraliste, sage-femme, pédiatre, gynécologue, infirmière...).

Dans les situations plus sévères, une prise en charge par une psychologue, voire un psychiatre sont nécessaires pour mettre en place une thérapie de suivi personnalisée afin d'aider la jeune maman à aller mieux.

Il est aussi parfois nécessaire, mais pas systématique, de prendre un traitement médicamenteux (anti-dépresseur) pendant quelques semaines. Des médicaments compatibles avec l'allaitement existent.

Il est aussi important d'équilibrer au maximum son hygiène de vie en essayant de dormir suffisamment, de manger équilibré et d'avoir une activité physique quotidienne.

Ma conjointe fait une dépression du post-partum, comment l'aider ?

La place du partenaire est indispensable en cas de dépression du post-partum de la jeune maman. Il doit être un soutien au quotidien pour s'assurer en premier lieu que ses besoins essentiels sont pris en compte : sommeil, alimentation et hygiène. Il est donc utile de se relayer pour s'occuper de l'enfant la nuit ou en journée afin de lui laisser du temps libre pour se reposer et prendre le temps de se laver.

Aller faire les courses et préparer des repas équilibrés sont aussi un excellent soutien tout comme l'inciter à pratiquer une activité physique, même une simple balade autour de la maison. Enfin il est important de ne jamais minimiser les plaintes et émotions qu'elle ressent mais plutôt de l'écouter et de la soutenir dans sa souffrance.

Dépression du post-partum : PREVENIR

Quels sont les principes du traitement de la dépression du post-partum ?

La dépression du post-partum est une maladie qui se soigne, mais pas seule. Plus elle sera prise en charge tôt plus elle sera facilement traitée. Il est donc nécessaire de se faire aider dès que l'on sent que l'on va mal. En effet, même si on peut avoir l'impression de ne jamais s'en sortir, plein de solutions simples et efficaces existent.

Les dépressions légères peuvent passer simplement grâce au soutien de l'entourage et/ou de professionnels de santé entourant les jeunes parents (médecin généraliste, sage-femme, pédiatre, gynécologue, infirmière...).

Dans les situations plus sévères, une prise en charge par une psychologue, voire un psychiatre sont nécessaires pour mettre en place une thérapie de suivi personnalisée afin d'aider la jeune maman à aller mieux.

Il est aussi parfois nécessaire, mais pas systématique, de prendre un traitement médicamenteux (anti-dépresseur) pendant quelques semaines. Des médicaments compatibles avec l'allaitement existent.

Il est aussi important d'équilibrer au maximum son hygiène de vie en essayant de dormir suffisamment, de manger équilibré et d'avoir une activité physique quotidienne.

 

Ma conjointe fait une dépression du post-partum, comment l'aider ?

La place du partenaire est indispensable en cas de dépression du post-partum de la jeune maman. Il doit être un soutien au quotidien pour s'assurer en premier lieu que ses besoins essentiels sont pris en compte : sommeil, alimentation et hygiène. Il est donc utile de se relayer pour s'occuper de l'enfant la nuit ou en journée afin de lui laisser du temps libre pour se reposer et prendre le temps de se laver.

Aller faire les courses et préparer des repas équilibrés sont aussi un excellent soutien tout comme l'inciter à pratiquer une activité physique, même une simple balade autour de la maison. Enfin il est important de ne jamais minimiser les plaintes et émotions qu'elle ressent mais plutôt de l'écouter et de la soutenir dans sa souffrance.

Dépression du post-partum : PLUS D'INFOS

La maladie en France chiffres

La dépression du post-partum est la complication la plus fréquente de l'accouchement. Elle touche près d'une femme sur 5 dans l'année suivant la naissance d'un enfant. Une fréquence déjà élevée mais probablement sous-estimée car cette pathologie est encore trop souvent non diagnostiquée. Près d'un jeune père sur 10 est également concerné.

Liens site

Mpedia : baby-blues et dépression du post-partum, les reconnaître pour les surmonter

Association maman-blues : site non médical de soutien, d'écoute et de conseils dans le cadre de la difficulté maternelle

1000 premiers jours : le baby blues et la dépression du post-partum

UNICEF : qu'est ce que la dépression du post-partum, reconnaître les signes et trouver de l'aide

Parlons dépression : plate-forme destinée à sensibiliser à la dépression

Institut national de santé publique du Québec, mieux vivre avec son enfant : la dépression du post-partum

Liens vidéos 

La Maison des Maternelles : comment détecter une dépression du post-partum ?

La Maison des Maternelles : dépression du post-partum, l'identifier, la soigner

Témoignage BRUT, Laure Manaudou raconte sa dépression du post-partum

La CAF : dépression du post-partum, les symptômes à surveiller

Liens pourquoi Docteur 

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